06/12/2025


Plonger dans le passé de Coise-Saint-Jean : trouver et explorer les cartes anciennes en ligne

Pourquoi consulter les cartes anciennes de Coise-Saint-Jean ?

L’intérêt pour les cartes anciennes va bien au-delà de la curiosité. Elles constituent de véritables témoins du relief, de l’organisation agraire, du bâti, de la toponymie, et de l’évolution administrative du village. Pour les habitants comme pour les visiteurs, elles permettent :

  • De retrouver des lieux-dits disparus ou oubliés (ancien noms de fermes, hameaux, ponts...)
  • De comprendre l’évolution du réseau des chemins et routes, les changements de la rivière Isère ou du Gelon, des vignes ou des bois.
  • De documenter l’histoire familiale ou patrimoniale, mieux situer une maison d’ancêtre ou l’emplacement d’un vieux moulin.
  • De s’inspirer pour redécouvrir le paysage lors de balades, ou même participer à des inventaires bénévoles du patrimoine rural.

Les savoyards et savoyardes ont d’ailleurs une tradition cartographique ancienne : de la carte de Cassini (XVIIIe siècle) aux levés du cadastre napoléonien, sans oublier les minutieuses cartes d’état-major, les archives ne manquent pas pour raconter une histoire du terrain.

Les grandes sources de cartes anciennes en ligne

Explorer les cartes anciennes de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier se fait aujourd’hui principalement via des plateformes numériques :

1. Le portail des Archives départementales de la Savoie (www.archives.savoie.fr)

  • Le cadastre napoléonien (1823-1845) : L’un des fonds les plus précieux. Le plan cadastral montre les parcelles, bâtiments, chemins et rivières. La consultation est libre et gratuite après inscription.
  • Plans et cartes diverses : Recherchez dans la rubrique « Documents figurés » pour parfois trouver des plans plus spécifiques réalisés pour des travaux, des litiges de propriété, etc.

Astuce : Privilégiez la recherche par commune « Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier » ou même l’ancienne appellation « Coise » tout court pour ne rien rater des documents les plus anciens.

2. Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF (gallica.bnf.fr)

  • Cartes de Cassini : Réalisées au XVIIIe siècle, elles sont consultables gratuitement et couvrent tout l’ancien duché de Savoie.
  • Cartes d’état-major (1820-1866) : Détail les reliefs, chemins, forêt et toponymes de l’époque.
  • Atlas divers : Tapez « Coise Saint Jean », « Saint Jean Pied Gauthier » ou « Savoie » pour accéder à des inventaires généraux ou thématiques.

Bon à savoir : La recherche avancée par date ou par type de document permet de cibler précisément la période ou la zone géographique souhaitée.

3. Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

  • Accès aux cartes IGN historiques : Superposez les couches historiques et modernes, comparez le paysage d’hier et d’aujourd’hui.
  • Fonction « Remonter le temps » : Permet de voir les photographies aériennes des années 1950 à aujourd’hui, idéal pour visualiser l’évolution des hameaux ou du remembrement agricole.

À noter : L’interface, conviviale, permet de zoomer sur le secteur de Coise-Saint-Jean et de régler la transparence des différentes couches.

4. L’IGN Remonter le temps (remonterletemps.ign.fr)

  • Combiner cartes anciennes et photos aériennes pour suivre l’évolution du village, de la rivière Gelon, du hameau des Roches ou des vignes du Cucheron.
  • Réaliser soi-même des diaporamas et captures pour partager ou comparer : le site propose une barre de partage et de comparaison côte à côte.

5. Autres cartes disponibles

  • La Mapothèque du Ministère de la Culture (photo.archeo.fr, patrimoine-mobilier.culture.gouv.fr, etc.) : Cartes thématiques, cartes archéologiques de la région, relevés de fouilles et documents liés au patrimoine mobilier (croix de chemins, lavoirs, etc.).
  • Généanet (www.geneanet.org) : Intéressant pour croiser plans anciens, cartes postales et données généalogiques.

Mode d’emploi : comment s’orienter dans les archives cartographiques ?

Face à la quantité de documents, quelques repères facilitent la recherche et l’exploration :

  1. Mieux vaut commencer par le cadastre napoléonien : Il est précis, daté, et indexé. Les plans sont en couleur, souvent annotés. Il existe généralement au moins trois feuilles pour Coise-Saint-Jean, parfois plus si l’on compte les mises à jour du XIXe siècle.
  2. Identifier les changements de toponymie : Jusqu’au XIXe siècle, la commune portait parfois simplement le nom de « Coise », sans mention de « Saint-Jean-Pied-Gauthier ». Certains microtoponymes ont disparu au fil des décennies. Les cartes anciennes peuvent ainsi révéler le nom de hameaux aujourd’hui fusionnés ou gommés par l’urbanisation ou l’activité agricole.
  3. Sur Géoportail et IGN, utiliser la superposition : Pour observer la migration des vignes vers le nord, la disparition d’anciennes fermes, ou la création de nouveaux chemins le long du Gelon ou en plaine.
  4. Consulter les plans d’état-major : La carte de l’état-major à 1 : 40 000 (v. 1860) couvre toute la Savoie et montre déjà la voie ferrée et la nationale 6, ainsi que les « passe-roue » sur la rivière.
  5. Comparer avec des documents privés ou locaux : Des plans manuscrits, parfois présents chez des familles de Coise ou des petits musées locaux, offrent encore d’autres détails et calligraphies.

Petites histoires autour des cartes de Coise-Saint-Jean

  • Saviez-vous qu’au milieu du XIXe siècle, Coise n’était encore qu’un « bourg » sur la route du sel et du vin, coincé entre les marais et les pentes vigneronnes ? Sur les cartes, une voie romaine est parfois signalée, reliant Albertville à Montmélian, avec d’anciens gués aujourd’hui disparus suite à l’endiguement des rivières (source : Archives départementales de la Savoie, Atlas de l’Isère, 1852).
  • La carte de Cassini (v. 1750-1780) place déjà Coise sur la grande transversale de la Combe de Savoie, mais l’église paroissiale y semble minuscule, perdue au pied du relief.
  • Certaines minuties cadastrales représentent des moulins (aujourd’hui fermés ou transformés) sur le torrent, des fruitières et même des anciennes bornes à lisière du piémont, précieuses pour comprendre l’économie rurale de l’époque.

Utiliser les cartes anciennes pour des projets locaux

Les cartes numérisées peuvent servir une multitude de projets, loin d’être réservés aux seuls historiens. Quelques exemples concrets :

  • Inventaire du petit patrimoine : repérer les croix de chemins, fontaines, four à pain.
  • Recherches généalogiques : situer une maison d’ancêtre en 1830, retrouver l’emplacement d’une ferme démolie.
  • Sentiers et randonnées : reconstituer d’anciens cheminements, proposer un itinéraire à partir des tracés historiques visibles aujourd’hui encore sur le terrain.
  • Études agricoles : suivre l’évolution des parcelles de vignes, comprendre le passage de la polyculture à une agriculture plus spécialisée.

Certains groupes locaux ou écoles se lancent dans des lectures croisée des cartes pour organiser des expositions ou des parcours découverte – l’occasion peut-être de (re)découvrir le village autrement, à travers la mémoire patiente du papier.

Quelques conseils pratiques pour aller plus loin

  • Pensez à enregistrer ou imprimer vos cartes préférées : qu’il s’agisse d’un plan cadastral ou d’une carte d’état-major, il est souvent possible de télécharger une version PDF ou d’imprimer une capture écran pour vos dossiers ou balades.
  • Cherchez les légendes : certaines cartes anciennes sont cryptiques, le recours à la légende (souvent en latin pour les plus vieilles, en français ou en italien pour d’autres) éclaire la nature des symboles.
  • Soyez patients : la navigation dans les interfaces d’archives peut parfois déconcerter. Mais la richesse du fonds en vaut la peine.
  • Participez aux ateliers des archives : Les Archives départementales de Chambéry proposent régulièrement des ateliers initiant à la lecture des cartes anciennes (programme sur leur site officiel).
  • Partagez vos découvertes : Si, au fil de vos explorations, vous tombez sur une anecdote savoureuse, un détail oublié, n’hésitez pas à en parler à la mairie, à la médiathèque, ou à nous écrire via le blog pour enrichir la mémoire commune du village.

Lumières nouvelles sur le village grâce aux cartes anciennes

Explorer les cartes anciennes de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, c’est ouvrir une fenêtre sur des paysages oubliés, renouer avec la langue des chemins, des parcelles et des rivières. Chaque carte, chaque plan, est une invitation à l’enquête : une promenade sur le terrain, un dialogue silencieux avec les pierres, les vignes, les traces des hommes et des femmes qui, siècle après siècle, ont peuplé et façonné le village. Depuis la douceur dessinée d’un cadastre coloré jusqu’aux vastes perspectives de la cartographie nationale, la mémoire savoyarde reste ainsi vivante, patiente, obstinée, à portée de main… et de clic.

Pour aller plus loin, il reste tant à découvrir : interroger les habitants gardiens des souvenirs familiaux, arpenter ces coins du terroir restés hors du temps, ou simplement s’étonner du détail d’une carte, qui fait surgir une histoire, un prénom, une chanson du passé… La magie des cartes anciennes, c’est d’offrir au présent la profondeur d’hier.

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