Paysages : l’agriculture comme sculpteur
Une mosaïque façonnée par la main humaine
Au fil des siècles, la main de l’homme a modifié la nature brute, sculptant prairies, vignes en terrasses, murets de pierres sèches. Jusqu’au XXe siècle, chaque saison rythmait le paysage :
- Printemps : les labours, la plantation de la vigne, la taille des arbres fruitiers
- Été : les fenaisons, les moissons, la montée à l’alpage
- Automne : la récolte des pommes, raisins, noix et le pressurage
- Hiver : le boisage, les soins au bétail, les veillées hivernales au coin du feu
Chaque activité laissait sa marque visible : charrettes pleines, meules de foin, couleurs changeantes des cultures et odeur de moût flottant devant les caves. Cet enchevêtrement de pratiques saisonnières a créé une mosaïque visuelle qui fait la richesse du terroir savoyard.
Le rôle de la vigne, du marais et de la prairie
La présence de la vigne, omniprésente dès le XVIe siècle à Coise-Saint-Jean et dans toute la Combe de Savoie, a profondément marqué le territoire. Selon les statistiques de l’INAO, la Savoie compte aujourd’hui 2 100 hectares de vignoble, dont près de 200 dans la seule Combe de Savoie (INAO). Ici, la vigne a modelé les coteaux, organisé l’espace et inspiré la toponymie : “Aux Vignes”, “Chemin du Pressoir”, etc.
À proximité, les prairies humides, souvent marécageuses (notamment vers l’Isère et le Gelon), autrefois pâturées ou fanées au long de l’été, ont longtemps nourri un petit élevage mixte, tandis que la prairie sèche de coteau permettait la culture de céréales rustiques comme le seigle – base alimentaire traditionnelle.
Aujourd’hui encore, ces paysages agraires expliquent la richesse de la biodiversité locale : plus de 500 espèces végétales recensées entre marais et côteaux selon le Conservatoire d’Espaces Naturels de Savoie (CEN Savoie).