Recensements et cadastres : la photographie sociale du territoire
Superbement précis, les recensements de population sont réalisés tous les cinq ans à partir de 1836 en Savoie. Ils dressent la photographie fine de chaque foyer : nom, âge, profession, parfois mention de la présence de domestiques, de journaliers, voire de “champêtres” (gardiens de troupeaux). En 1841, Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier compte, selon les archives, un peu moins de 700 habitants, dont 65% sont déclarés “cultivateurs” ou “propriétaires exploitants”.
Les matrices cadastrales, apparues avec les plans napoléoniens au début du XIXe siècle, sont un trésor :
- Chaque parcelle y est numérotée, avec la nature de la culture (vigne, pré, bois, verger), le nom du propriétaire, et la valeur estimée (source : Géoportail cadastral).
- On devine le morcellement du paysage en petites propriétés, souvent héritées ou fractionnées, mais aussi l’importance de la vigne jusqu’au début du XXe siècle.
Un plan cadastral de 1842 révèle que plus de 40% des terres alors exploitées sont dédiées à la vigne, contre environ 15% seulement pour les prairies, les bois et vergers représentant chacun à peu près 10%. Ce profil a bien changé depuis : aujourd’hui, la viticulture ne couvre plus que quelques hectares, la surface agricole s’étant largement réorientée (source : données INSEE et Comité Interprofessionnel des Vins de Savoie).