Le cadastre, mémoire vivante des lieux-dits et des usages disparus
Le plan napoléonien n’est pas une simple carte : il épouse les mots du pays. Chaque parcelle porte un numéro, souvent enrichi du nom du lieu-dit – vivant témoin d’un usage, d’une mémoire collective, ou d’une légende locale. Ainsi “La Tournelle”, “Le Pontet”, “La Combe Froide” sont parfois les seuls vestiges cartographiés de pratiques disparues : battage du blé, passage des mulets, chasse commune.
En Savoie, plus d’un millier de toponymes différents sont recensés dans les plans du XIXe siècle, dont la moitié ont disparu du langage courant (source : Pierre-Ard Galand, Noms de lieux de la Savoie, 2010). Certains révèlent la nature du sol (“Les Varennes”, en alluvions ; “Les Prés Secs”, sur moraine), d’autres un souvenir médiéval (“Le Grand Clos”, “Le Champ de la Croix”).
- La lecture du cadastre devient alors une enquête : retrouver dans les plans d’hier l’origine des noms de rues, de quartiers ou de lieux-ressources d’aujourd’hui.