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Actualités, patrimoine et découvertes locales
Longtemps, les cartes sont restées l’apanage des géographes, des militaires, parfois des érudits locaux. Pourtant, à qui sait les lire, elles racontent mille histoires. Les plans anciens de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier ne se contentent pas de figer les lieux : ils invitent à voyager dans le temps, à saisir les secrets de l’organisation rurale, à mesurer la transformation des paysages et des usages. Que l’on cherche la trace d’un ancien hameau, les contours mouvants d’un vignoble ou l’empreinte d’un moulin disparu, la sagesse muette des cartes anciennes vaut tous les récits de grand-mères. Mais où les trouver ? Comment les consulter ? Et que nous disent-elles, au fond, de notre territoire ?
Un plan cadastral de 1850 n’est pas qu’un simple dessin. Il renseigne, par son trait ferme ou tremblé, sur la trame agraire d’un village, la place du bâti, la fonction des chemins. Les plans et cartes révèlent aussi les grandes phases d’histoire rurale : ici, l’extension du vignoble après la crise du phylloxéra ; là, le morcellement des terres à la faveur du remembrement. Ils restituent la variété des lieux-dits, bien avant que GPS et panneaux n’imposent leurs orthographes définitives.
C’est la première ressource pour tout·e curieux·se désireux·se de remonter le temps. Les Archives départementales de la Savoie, installées à Chambéry, conservent une collection très complète de plans cadastraux, de cartes d’état-major, et de relevés topographiques anciens.
Modalités de consultation : Beaucoup de documents sont numérisés. Pour des plans spécifiques (répertoire de propriété, minutes et matrices cadastrales), il faut prévoir de s’inscrire à la salle de lecture des Archives, gratuite et accessible à tous.
Anecdote : C’est en feuilletant un plan de 1835 que fut retrouvée la mention du “Pré de l’Abbesse”, aujourd’hui disparu sous des vergers modernes.
La Bibliothèque Municipale de Chambéry offre, en salle du patrimoine, un fonds cartographique remarquable pour la Savoie. Mais, pour qui préfère consulter depuis chez soi, le site Gallica (Bibliothèque nationale de France) propose en accès libre de nombreux plans historiques, cartes IGN anciennes, et même des atlas régionaux du XVIIIe et XIXe siècles.
La mairie de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier dispose d’archives du cadastre moderne, mais souvent aussi de copies d’anciens plans. Y faire un détour permet parfois de découvrir des plans manuscrits non référencés ailleurs, notamment lors de projets de rénovation ou de cessions foncières.
Il est conseillé de prendre rendez-vous avec le secrétariat pour consultation, les documents n’étant pas tous accessibles au public sans encadrement.
Les Amis du Vieux Chambéry, la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie, ou même le Syndicat des propriétaires de vigne de la Combe de Savoie possèdent parfois des copies d’anciennes cartes et plans annotés, rarement diffusés en ligne. Les consulter est possible lors d’expositions ponctuelles ou sur rendez-vous (voire lors de causeries organisées dans la région, généralement à l’automne).
S’aventurer dans le décryptage d’une carte ou d’un plan manuscrit, c’est renouer avec l’œil du curieux d’autrefois, celui qui sait que tout trait est signifiant.
Depuis une décennie, le numérique ouvre de nouveaux horizons pour tous les passionnés de cartographie ancienne. Plusieurs ressources offrent désormais un accès gratuit et immédiat à une sélection de plans et cartes historiques de la région, souvent avec fonction de superposition pour comparer passé et présent.
Sur moins de 1 200 hectares, le territoire de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier concentre près d’une centaine de lieux-dits, dont la moitié ne figurent plus sur les panneaux contemporains, mais qu’on retrouve sur les cartes du XIXe siècle (source : Cadastre Napoléonien, Archives 73 ; Recensement IGN 2020). Entre 1831 et 1950, la commune a vu la part des surfaces en vignes passer de 70 à 20 % de la SAU (Source : Recensement agricole 1955). Cette mutation paysagère s’observe sur les plans : là où le jaune des vignes dominait, les cultures de maïs ou les vergers gagnent du terrain dès les années 1950.
On découvre également que les anciens sentiers menant à la forêt du Villard suivaient autrefois la lisière des vignes, formant une “épine dorsale” du territoire. De vieilles croix de pierre, disparues des retrospectives modernes, sont encore repérables sur un plan de 1840 conservé à la mairie.
Situer sa maison sur une carte d’il y a deux siècles, retrouver la trace d’une chapelle disparue, ou constater que tel ruisseau s’appelait jadis “la Forane” : ici réside la magie des cartes anciennes. À l’heure où le territoire change à grande vitesse, les plans et cartes réveillent les racines. Ils sont un fil précieux reliant les générations, un plaidoyer silencieux pour le respect du patrimoine, et une invitation toujours renouvelée à arpenter, carnet et carte en main, les chemins de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier.
La consultation des cartes et plans anciens n’est plus réservée aux spécialistes. Les ressources sont vastes, les anecdotes nombreuses, l’émerveillement garanti. Qu’on soit originaire de la commune ou simple promeneur, découvrir ces archives, c’est assurément regarder différemment chaque pierre, chaque haie, chaque sentier croisé au fil de ses balades.
SOURCES : Archives départementales de la Savoie (Plans cadastraux, XIXe et XXe siècles, accès public), IGN – Remonter le temps, Gallica BnF, Recensement Agricole 1955, “Dictionnaire topographique du département de la Savoie” (L. Ravier, 1905), Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie.