L’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste : cœur battant du village
Au centre du bourg, là où les rues de pierre convergent tel un ruisseau à la recherche de son lac, se dresse fièrement l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. Impossible de la rater : sa silhouette, sobre mais fidèle à la tradition savoyarde, veille sur les marchés et les processions autant que sur les heures silencieuses de la semaine.
Quelques repères historiques
La première mention de l’église remonte à au moins 1342 (source : Base Mérimée, Monuments Historiques). Elle occupe probablement l’emplacement d’un édifice antérieur, comme c’est souvent le cas dans les paroisses médiévales de la Combe de Savoie, ancien “grenier de la Savoie” aux sols généreux. Quelques traces de son passé médiéval restent perceptibles, même si l’église a connu plusieurs campagnes de restauration, notamment aux XIXe et XXe siècles.
Le style et les particularités
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Façade : Elle s’orne d’un fronton triangulaire et de pilastres, typiques du style néo-classique savoyard qui s'est imposé à la faveur de reconstructions postérieures aux destructions révolutionnaires.
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Le clocher : De section carrée, recouvert d’ardoise, il sonne toujours lors des grands évènements de village. Son horloge veille sur les vendanges et les fêtes — tradition oblige, le carillon rythmait la journée des vignerons et des lavandières.
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L’intérieur : Avec ses voûtes simples, son décor épuré mais élégant, le regard se pose vite sur l’autel en marbre blanc, ajouté au XIXe siècle, et sur les vitraux réalisés par des artistes locaux après la Seconde Guerre mondiale.
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Objets classés : On y admire une cloche datant de 1718 (classée Monument Historique), ainsi que des œuvres religieuses du XVIIIe et XIXe siècles (statues polychromes de saint Jean-Baptiste et de la Vierge).
L’église, un lieu de vie collective
Longtemps, l’église fut plus que le simple théâtre des offices : c’est là que se nouaient alliances, que se signaient paupérisations ou prospérités agricoles dans les “livres de famille”, là aussi qu’on chantait lors de la Saint-Jean (patronage du village) ou qu’on célébrait le retour des hommes du front.
Fait notable : en 1793, la paroisse résiste partiellement à la déchristianisation menée par la Convention nationale, et l’église échappe alors à la destruction. (Source : “Patrimoine religieux de Savoie”, Éditions du CTHS)