Des rivières pour nourrir les hommes : les premiers moulins savoyards
Depuis la plaine de l’Isère jusqu’aux combes ombragées de l’Arclusaz, rares sont les villages qui n’ont pas entendu le cliquetis régulier d’un moulin. En Savoie, le moulin fut, dès le Moyen-Âge, un acteur discret mais essentiel du quotidien, transformant à bras ouverts les blés, les noix et parfois même les pigments, berçant au passage l’imaginaire collectif.
L’organisation des vallées, c’est-à-dire la manière dont les gens s’implantaient sur le territoire, dépendait fortement des possibilités offertes par l’eau : un moulin pouvait être la première “industrie” d’un bourg, bien avant l’arrivée du train ou du câble électrique. D’après les archives du département, on en dénombrait plus de 2500 en Savoie à la fin du XVIIIe siècle (Sabaudia.org), dont une bonne centaine sur le bassin de l’Isère, de l’Arly ou du Chéran, parfois distants d’à peine quelques kilomètres.