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Actualités, patrimoine et découvertes locales
Blotti entre Mollard et Isère, Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier cultive un art de vivre discret, loin du bruit des grandes agglomérations. La lumière qui glisse sur les vignes, la montagne qui veille à l’horizon, les premières brumes sur la plaine, tout ici pourrait inviter à la création. Mais cette terre a-t-elle vu naître ou vivre des artistes, écrivains, ou figures culturelles ? Y trouve-t-on, dans ses ruelles ou au détour de ses hameaux, les traces d’une vie créative ancienne ou actuelle ?
À la différence des grands centres urbains ou des stations illustres de Savoie, Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier ne figure pas dans la plupart des manuels littéraires. Ni Balzac, ni Stendhal, ni aucun grand nom du XIXe siècle ne l’a immortalisée par ses mots. On ne trouve pas, dans les archives régionales, trace d’un écrivain résidant à Coise à temps plein et ayant inscrit le village dans l’histoire nationale de la littérature.
Mais cela ne signe pas l’absence de toute vie artistique ou littéraire. Le silence des encyclopédies cache parfois une diversité d’acteurs locaux et de vocations éphémères qui, sans bruit, ont marqué la mémoire collective. Plusieurs écrivains et artistes régionaux évoquent volontiers, dans leurs entretiens ou dans certains ouvrages, les paysages du Val Coisetan et des Bauges alentour. Le poète savoyard Amédée-Claude Cuaz, originaire d’Aiton (à quelques kilomètres de là), a écrit sur la vallée de l’Isère et ses saisons, sans citer en particulier Coise-Saint-Jean mais en décrivant l’atmosphère si caractéristique des villages voisins (source : "La Savoie et son expression littéraire", ANR Savoie Littérature).
Les peintres ont également été nombreux, notamment dès le XIXe siècle, à parcourir la vallée pour y capter jeux de brumes et lumière de fin d’été. La région de Coise fait ainsi partie d’une constellation de paysages ayant inspiré plusieurs aquarellistes voyageurs, dont Paul Devin, connu pour ses aquarelles de la Savoie rurale : l’artiste a peint les rives de l’Isère en aval et l’église de Coise dessinée lors d'une promenade (collection privée, reproduite parfois dans les expositions locales).
Depuis les années 1980, la photographie a pris le relais. Les photographes Yvan Berthet et Jean-Pierre Martinet, figures actives dans les associations patrimoine en Savoie, ont immortalisé les vendanges et scènes de vie quotidienne à Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier. Leurs clichés, exposés régulièrement à Montmélian et Chambéry, témoignent autant d'une approche documentaire que poétique.
Au-delà de la création individuelle, c’est le terreau culturel local qui façonne l’identité du village. Plusieurs initiatives témoignent du désir de transmettre histoires, voix et savoir-faire :
Ces formes d’expression, plus modestes mais vivaces, participent à la vitalité culturelle du village.
Le patrimoine immatériel ne s’arrête pas aux seules figures littéraires. L’artisanat d’art y occupe une place discrète mais précieuse. Parmi les figures locales du XXe siècle, on retient :
La relative discrétion de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier dans la liste des “villages d’artistes” de la région ne tient pas au hasard. Cela s’explique par plusieurs réalités :
Cela dit, Coise-Saint-Jean est cité comme lieu de passage obligé dans les “Promenades paysagères en Savoie” (édition 2014, Département de la Savoie), preuve que le paysage inspire toujours… même si à voix basse.
Pour aller plus loin, quelques sources permettent de mieux cerner les écrivains, artistes et figures culturelles en Savoie et dans l’Avant-Pays savoyard :
Enfin, la Bibliothèque de Montmélian et ses fonds d’archives proposent un large panorama d’écrits d’habitants et de chroniques locales.
Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier n’est pas un “village d’artistes” comme on le lit dans certaines brochures touristiques. Pourtant, ses paysages féconds, sa vie associative, son attachement à la mémoire, offrent un terrain fertile à la création, même modeste. La jeune génération, sensible à la photographie, à l’écriture ou à la chanson, s’empare à son tour de ce patrimoine vivant :
Ici, la création s’enracine, humble et tenace, dans le silence et la lumière des saisons savoyardes. Les grands noms y sont rares, mais le paysage ne cesse d’inspirer : à chacun, peut-être, d’écrire la suite.