07/11/2025


Les dynasties discrètes : dans les pas des grandes familles de Coise-Saint-Jean et de Savoie

La Savoie : terre d’anciennes lignées

Avant d’évoquer les dynasties locales, il est utile de rappeler que la Savoie toute entière est un terrain fertile pour les racines familiales anciennes. Les généalogies y sont parmi les plus riches de France, avec des archives parfois tenues sur plus de 600 ans. Certains patronymes parcourent les paroisses depuis le Moyen Âge, ne s’effaçant que par les hasards de la vie ou le souffle de l’exode rural. Les notaires, les curés, les propriétaires fonciers ont souvent laissé des traces écrites, faisant aujourd’hui le bonheur des archivistes et des passionnés de généalogie. À Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier et dans ses alentours, c’est une même fidélité à la terre et au terroir qui se transmette de génération en génération.

Les familles emblématiques de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier

À l’échelle de la commune, plusieurs noms traversent les siècles. Leur récurrence dans les registres d’état civil, les listes électorales ou les récits oraux suffit à leur donner une certaine aura. Sans dresser une liste exhaustive, voici quelques exemples de familles qui ont façonné le village et ses terres.

  • Les Barlet : Ce patronyme apparaît dès le XVIIe siècle dans les archives paroissiales de Coise (source : AD Savoie).
  • Les Redoutey : Impliqués dans la vie communale au XIXe et XXe siècles, notamment dans la viticulture et l’artisanat (source : Mairie de Coise Saint Jean).
  • Les Revillard : Présents sur le territoire depuis plusieurs générations, ces familles sont reliées à des activités agricoles et fromagères (source : Musée de l’Agriculture Savoyarde).
  • Les Duval : Bien que le nom puisse séduire par sa généralité, certaines branches sont repérées dans les recensements locaux depuis la Révolution, souvent associées aux notables ou enseignants du village (source : Archives notariales).

Comment naissent et perdurent les familles locales ?

Dans un village comme Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, la stabilité des familles s’explique par des phénomènes multiples :

  • Des alliances familiales favorisées par la proximité géographique.
  • La transmission du patrimoine foncier, souvent morcelé mais précieusement conservé.
  • L’attachement à des métiers ayant peu bougé jusqu’au XXe siècle, comme la vigne, l’élevage et la petite production fruitière.

Des exemples marquants au fil des siècles

Les noms de famille, leur histoire, c’est aussi celle des événements qui ont traversé la Savoie : guerres, famines, saisons de migration. Quelques familles ont traversé ces épreuves en gardant racine au village.

  • Les familles ayant survécu à la Révolution et à l’annexion de 1860 :
    • Patronymes comme Vulliet ou Perillat, présents dans les actes de mariage avant et après le passage de la Savoie à la France (source : Archives départementales de la Savoie).
  • Les familles et l’exode savoyard :
    • Au XIXe siècle, 40 % des jeunes hommes de la Savoie partaient temporairement travailler hors du duché, mais certains, comme les Gros ou les Barlet, sont revenus s’installer définitivement (source : Savoie mag, n°86).
  • La continuité agricole :
    • Sur la commune, 1/3 des exploitations actuelles appartiennent à des familles installées depuis au moins trois générations (chiffre 2021, Chambre d’Agriculture de Savoie).

La transmission et la mémoire dans la vie quotidienne

On dit souvent que les pierres gardent tout. Mais ce sont bien les gens qui transmettent les histoires. En Savoie, la mémoire familiale peut prendre mille formes : une cave à vin, le livret militaire d’un aïeul, une vieille maison toujours debout, ou simplement un prénom qui revient. Voici comment s’entretiennent ces transmissions :

  • La tradition de l’apéro de village, où les anciens racontent la vie d’avant aux plus jeunes.
  • Les fêtes de quartier, qui révèlent les alliances et affinités entre familles, depuis des générations.
  • Les rassemblements agricoles : foins, vendanges, alpages et foires, moment privilégié pour évoquer les patronymes et leur histoire.

Portraits croisés : des familles-remparts contre l’oubli

Parmi les figures marquantes, certaines familles incarnent l’esprit savoyard par excellence :

  • Les Barlet : Propriétaires de vignes depuis le XVIIIe siècle, ils ont traversé le phylloxéra, la guerre, les bouleversements agricoles sans jamais quitter la commune.
  • Les Perillat et Vulliet : Leur longévité s’explique par un enracinement solide mais une ouverture aux mariages dans les paroisses voisines.
  • Les Redoutey : Leurs descendants racontent que leur arrière-grand-père a su relancer la production de pommes pour les marchés de Chambéry après la crise de 1929 (source : témoignages locaux).

Entre histoire locale et généalogie : l’art de retrouver les racines

S’intéresser à ces familles, c’est aussi s’appuyer sur des documents très concrets. Plusieurs outils permettent de remonter le fil des générations, parmi lesquels :

  • Les archives communales de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, précieuses pour les recensements, actes de naissance et de mariage jusqu’à la fin du XIXe siècle.
  • Les archives numérisées du département de la Savoie, consultables en ligne (archives.savoie.fr). Elles permettent de retrouver des filiations depuis le XVIIe siècle.
  • Le projet “Mémoire des villages”, porté par la Fédération des Associations Savoyardes, collecte les noms des familles présentes de manière quasi continue depuis l’Ancien Régime (source : FAS).

Quand les familles écrivent aussi l’histoire de la Savoie

Les dynasties agricoles ne sont pas les seules à marquer la région. Plusieurs grandes maisons savoyardes, parfois modestes en apparence, ont su s’illustrer bien au-delà de la commune :

  • Les Maistre : évoqués par l’historien Jean Nicolas, originaires du Val d’Arly, juristes et commerçants influents durant la première moitié du XIXe siècle (source : “La noblesse savoyarde”, Presses Universitaires de Grenoble).
  • La lignée des Frassy : Anciens “maires du vin” selon la tradition orale, ils ont contribué à l’émergence de la viticulture savoyarde (source : Mémoires de la vigne en Savoie, éditions La Fontaine de Siloé).
  • Les Brun-Buisson : issus des bords du lac d’Aiguebelette, famille d’artisans, ils illustrent la tradition d’excellence dans le bois, la charpente et la construction de chalets (source : Écomusée de la Savoie rurale).

Familles anciennes, village vivant : des racines pour demain

Ce sont encore, bien souvent, les grandes familles locales qui renouent chaque automne avec la tradition des vendanges, qui font revivre les processions, qui restaurent à la main des murs centenaires. S’ils sont parfois moins actifs dans les conseils municipaux qu’autrefois, ils lient passé et avenir par leurs gestes, par des récits transmis et par leur présence fidèle, génération après génération. À Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier comme ailleurs, chaque nom inscrit sur les calvaires ou dans la pierre des maisons raconte un peu le roman de la Savoie – ce pays de “petites mémoires grandes de cœur” (dixit F. Excoffon, ethnologue savoyard). Au gré du temps, d’autres familles – venues pour un emploi, une maison à retaper, ou séduites comme tant d’autres par la lumière sur les Alpes – prennent racine à leur tour. Ainsi, chaque lignée écrit une page supplémentaire à la chronique villageoise, portant haut le flambeau du local, entre transmission et renouveau.

Sources principales :

  • Archives départementales de la Savoie (archives.savoie.fr)
  • Chambre d’Agriculture de la Savoie
  • Savoie Mag, n°86
  • Mairie de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier
  • Écomusée de la Savoie rurale
  • Fédération des Associations Savoyardes
  • “La noblesse savoyarde”, Jean Nicolas, PUG
  • Mémoires de la vigne en Savoie, éditions La Fontaine de Siloé

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