Les premiers grands chantiers cartographiques : Cadastre napoléonien et plans cadastraux savoyards
L’un des plus grands bouleversements pour la représentation des hameaux et écarts intervient avec la généralisation du cadastre. En France (hors Savoie), c’est la loi du 15 septembre 1807 qui institue le cadastre “napoléonien”, achevé pour la majeure partie du territoire autour de 1840. Pour la Savoie, devenue française en 1860 seulement, le processus démarre plus tardivement, mais l’esprit en est déjà dans l’air.
Qu’est-ce que cela change ? Pour la première fois, chaque commune reçoit ses propres “plans parcellaires”. Chaque portion du territoire, du plus modeste hameau au centre du bourg, est dessinée, numérotée, et nommée. Ce travail s’appuie sur des relevés réalisés par des arpenteurs officiellement envoyés sur le terrain, qui couchent sur le papier la disposition des bâtiments, chemins, vergers, prés… pour établir la matrice exacte des propriétés, donc du prélèvement fiscal.
Légende et nomenclature officielle : une visibilité très variable
Les plans cadastraux détaillent surtout les “«lieux habités” ou utiles à l’impôt. Cependant, certains hameaux sont oubliés ou simplement désignés par un nom générique ou le nom du chef de famille principal. Quant aux écarts isolés, ils peuvent être représentés par un simple carré noir pour l’habitation, accompagné, au mieux, d’un micro-toponyme. Les lieux-dits purement géographiques sont souvent signalés sans graphie précise et varient selon les communes (Archives nationales).
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Légende de la maison : petit rectangle annoté ou simple point noir.
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« Hameau » : souvent indiqué en toutes lettres, parfois souligné.
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Parcelle : numéro renvoyant à une “matrice” qui mentionne le propriétaire et la nature du bien (terre, pré, vigne...).
On observe déjà, dans les années 1840-1890, que certains hameaux sont promus au rang de sections cadastrales spécifiques tandis que d’autres, isolés, restent “invisibles” au-delà d’un numéro.