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Actualités, patrimoine et découvertes locales
Entre Isère et montagnes, vignes et rivières, Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier porte en elle cette discrétion rurale qui cache souvent des richesses insoupçonnées. Ce village, traversé aujourd’hui par les rythmes de la vie locale et le vent des saisons, a été témoin d’une histoire singulière au cœur de la Combe de Savoie. Sa situation, au croisement d’anciennes routes marchandes, a modelé son destin à la fois agricole, artisanal et... stratégique.
Plonger dans son histoire, c’est remonter les siècles, au fil des archives, des pierres, des toits de lauzes, et des échos laissés par les hommes et femmes du cru. Nous avons fouillé documents officiels comme récits populaires pour tenter de retracer, aussi fidèlement que possible, cette épopée à hauteur de clocher.
Le nom de Coise dérive d’un terme celte signifiant « lieu humide », clin d’œil à sa proximité avec l’Isère et aux zones marécageuses qui couvraient jadis une partie de la vallée. Dès le XIe siècle, la présence de deux pôles distincts — Coise et Saint-Jean-Pied-Gauthier — est établie dans les textes, notamment dans les cartulaires de l’abbaye de Hautecombe (source : Archives départementales de la Savoie). La région voit, à cette époque, émerger petits seigneurs locaux, vassaux des puissants comtes de Savoie qui étendent leur influence sur la Combe, épousant la logique des routes du sel et du commerce.
L’actuelle église de Saint-Jean concentrait la vie religieuse du secteur, dépendant initialement du diocèse de Grenoble puis de celui de Chambéry après 1779.
Le XVIe siècle bouscule le quotidien des habitants. La Savoie, tiraillée entre ambitions françaises et maisons italiennes, fait du village un point de passage, sinon de conflit. Les ruines de certains édifices en portent encore la trace, telles que celles du prieuré de Coise détruit lors du passage des troupes françaises en 1536 (chroniques locales).
Sous la Révolution française, la Savoie tout entière passe sous le joug révolutionnaire en 1792 : Coise, comme tous ses voisins, devient français de force puis de cœur. De multiples regroupements et changements administratifs voient le jour, jusqu'à la fusion définitive des deux communes (Coise et Saint-Jean-Pied-Gauthier) en 1832 (source : Recueil des actes administratifs du département de la Savoie).
Parsemée de coteaux orientés plein sud, la commune s’est très tôt tournée vers la vigne. Au XIXe siècle, le phylloxéra anéantit une partie des cépages traditionnels : Mondeuse, Jacquère, Altesse. Mais la ténacité paysanne l’emporte, et la replantation donne naissance à la vitalité viticole du secteur, aujourd’hui cristallisée dans l’appellation « Vin de Savoie ».
Le regroupement pédagogique des hameaux, entamé dès la fin du XIXe siècle, aboutit à la construction d’une école dite « mixte » dès 1881, accueillant garçons et filles, fait encore rare à l’époque.
Anecdote : C’est à Coise que fut expérimentée la « classe unique » pour combiner les effectifs dispersés d’après-guerre, favorisant ainsi continuité éducative et lien intergénérationnel (source : Histoires d’écoles en Savoie, Roland Souchon).
La Seconde Guerre mondiale n’a pas épargné le secteur. Le maquis du Val Gelon, dès 1943, opère sur les reliefs voisins et reçoit l’appui discret du village : ravitaillement, caches, relais de messages. Ce pan de l’histoire, souvent ténu, reste présent dans la mémoire des familles.
Aujourd’hui, le village compte un peu moins de 1 200 habitants (INSEE, recensement 2021). Son patrimoine bâti conjugue héritages ruraux (maisons vigneronnes, ancienne porte de la douane) et aménagements récents. La vitalité associative y est forte, des sociétés musicales aux comités de fêtes, perpétuant ce goût des rencontres et de la transmission.
Le marché du samedi, sur la place du village, fait la part belle aux fromages d’alpages, à la charcuterie maison et aux légumes des maraîchers du coin. Un rendez-vous que ne manquent ni « anciens » ni « jeunes » — belle illustration de cette Savoie vivante où l’histoire se raconte au fil des échanges quotidiens.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1132 | Première mention de Coise (« Coisa »), documents de Hautecombe |
| 1536 | Destruction partielle du prieuré lors des guerres franco-savoyardes |
| 1792 | Annexion de la Savoie par la France révolutionnaire |
| 1832 | Fusion officielle en une seule commune |
| 1943-1944 | Actions locales du maquis du Val Gelon, occupation puis libération |
| 1985 | Développe-ment du village, nouveaux lotissements |
À chaque coin de rue, dans les champs blonds de l’été ou sur les sentiers sous la brume d’automne, plane cette sensation que l’histoire n’est jamais loin. Elle s’invite dans les murs anciens, les histoires rapportées lors des veillées, mais aussi dans le souffle de la jeunesse qui s’approprie à nouveau le village.
Traverser les époques à travers Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, c’est comprendre comment un « petit » village de Savoie tisse sa propre richesse : celle de la résilience agricole, de la fierté locale, du patrimoine à partager et de la capacité à se réinventer sans jamais perdre la mémoire de ce qui l’a fondé.
Pour prolonger le voyage, il suffit de se perdre dans ses chemins, de pousser la porte d’une cave, d’oser la discussion avec les anciens. Ici, le temps ne se conte pas seulement en années, mais en vendanges, en fêtes de village, en histoires qui font encore écho, vigoureuses et douces, tout contre la montagne.