1914-1918 : départs, absences et blessures de la Grande Guerre
La mobilisation : un choc pour la population
Lorsque la mobilisation générale est décrétée en août 1914, la vallée de l’Isère, comme tout le département de la Savoie, voit partir ses hommes entre 18 et 45 ans. Dans la commune de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier (alors souvent désignée par « Coise », avant la fusion officielle de 1832 puis la séparation de 1913), la majorité des jeunes hommes valides partent au front, principalement affectés dans les régiments d’infanterie alpine – tel le 97e RI de Chambéry, ou le 70e de Grenoble (source : Mémorial GenWeb).
- En 1911, la commune comptait 761 habitants (source : INSEE).
- Durant la première guerre mondiale, plus de 80 hommes de la commune sont mobilisés. Cela représentait alors près de 40% de la population masculine adulte.
Les champs se retrouvent orphelins de bras. Les femmes, les enfants, les anciens prennent le relais, transformant temporairement (et durablement, parfois) la structure du travail agricole et familial. Des lettres ont circulé, parfois confiées au hasard d’un passant entre Chambéry et la vallée, témoignant d’une angoisse, d’un espoir, et de ce lien tenace au pays.
Le prix humain : pertes et deuils
Le monument aux morts de la commune, inauguré en 1921, gravera pour l’éternité les noms de 36 jeunes tués ou disparus (source : Monuments aux morts en Savoie). Une hémorragie silencieuse sur une génération : des familles meurtries, des villages entiers qui ne s’en remettront jamais tout à fait.
- De nombreux veufs et orphelins se retrouvent alors chefs de foyer, avec un quotidien bouleversé.
- Le manque d’hommes pousse, après-guerre, à organiser des coopératives agricoles pour suppléer la main-d’œuvre disparue.
Des traces toujours visibles
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Monument aux morts : Érigé au cœur du village, il est aujourd’hui encore le support des cérémonies du 11 novembre, chaque nom résonnant comme une prière silencieuse.
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Changements agricoles : Après 1918, la vigne et certains pâturages sont laissés à l’abandon, faute de repreneurs. D’anciennes terrasses témoignent de ces terres délaissées, aujourd’hui reconquises par la forêt ou replantées.