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Actualités, patrimoine et découvertes locales
Marcher dans les rues de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, c’est ressentir un tissage subtil de présences anciennes. Si le bourg semble, de prime abord, surtout marqué par ses collines et ses vignes, il héberge aussi une mémoire religieuse discrète, mais profonde. Car derrière chaque pierre, dans la toponymie des lieux et au détour des chemins de croix, l’empreinte sédimentée des congrégations religieuses continue de chuchoter ses histoires.
Ces communautés organisées autour de la foi et du service n’ont pas seulement ensemencé la région de chapelles et de croix. Leur influence s’est glissée jusque dans la structuration sociale du village, dans l’organisation des terres, ou encore dans l’éducation. Remonter leur trace, c’est aussi raconter une autre histoire de la Savoie.
Dès le XIIe siècle, les premières mentions de Coise-Saint-Jean renvoient aux possessions et aux dons faits à l’époque par des familles nobles savoyardes aux abbayes alentour. Cette dynamique, typique du Moyen Âge, s’observe à travers les archives - dont celles de l’abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse ou de la chartreuse de Saint-Hugon, toutes deux influentes en Savoie (sources : Archives départementales de la Savoie, L. Rambaud, Histoire de la Savoie).
Coise-Saint-Jean s’inscrivait donc dans ce maillage savoyard où l’Église n’était pas un simple service, mais un pilier du territoire.
Si l’empreinte masculine des grands ordres s’efface quelque peu au fil des siècles, ce sont les congrégations féminines qui reprennent le flambeau au XIXe siècle. La famille Rémusat, originaire de la vallée, participe, comme beaucoup d’autres notables de Savoie, à l’installation des Sœurs de Saint-Joseph (archives locales).
Certaines empreintes laissées par les congrégations à Coise-Saint-Jean nous entourent aujourd’hui encore, parfois sans qu’on y prête attention. Regardons-les de plus près :
| Période | Nombre de religieux ou religieuses à Coise | Écoles/structures gérées |
|---|---|---|
| XVIe - XVIIIe | 2 à 4 prêtres/curés résidents | 1 école paroissiale (garçons), œuvres de charité |
| 1850 - 1960 | 6 à 12 sœurs de St-Joseph, 1-2 prêtres/curés | École filles, catéchisme, aumônerie, dispensaire (provisoire) |
(Sources : Archives diocésaines de Chambéry, livrets paroissiaux de Coise.)
La sécularisation des campagnes, après la loi de 1905 et surtout dans l’après-guerre, modifie fortement la vie religieuse de Coise-Saint-Jean. Le départ progressif des religieux correspond à une évolution des mentalités, mais aussi à la montée en puissance des services publics laïcs.
Pourtant, l’influence ne s’efface pas. Elle se déplace : dans les patronymes locaux, dans la mémoire des anciens (« Les Sœurs cousaient aussi les trousseaux de mariage, nous racontait Mme R. en 2017… »), et dans la persistance de certaines solidarités villageoises héritées de ce passé.
En arpentant le territoire, beaucoup s’interrogent sur la place à donner à cet héritage. Que faire des anciens bâtiments ? Comment raconter ce passé qui oscille entre histoire locale, attachement familial et spiritualité ?
Quelques pistes travaillent aujourd’hui la mémoire religieuse de Coise-Saint-Jean :
L’influence des congrégations, à Coise-Saint-Jean, n’est pas seulement affaire de pierres, de textes ou de dates. Elle tapisse nos paysages intérieurs, cultive une générosité concrète, éclaire le lien intergénérationnel. Elle invite aussi à relire la complexité du “local” : ce mélange de foi, de cultures rurales et d’entraide, qui a traversé guerres, crises, changements de société, et qui façonne la Savoie d’aujourd’hui.
À l’heure où chacun cherche son ancrage, se souvenir du passage des congrégations religieuses, c’est retrouver la trace d’une mémoire collective, toujours disponible pour inventer des chemins nouveaux.