Châteaux et maisons-fortes : témoins discrets d’une histoire mouvementée
La Savoie, terre de frontière et de passage, a vu fleurir, du Moyen Âge au XIXe siècle, de nombreux châteaux et maisons-fortes. Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier ne fait pas exception, même si nombre de ses monuments sont aujourd’hui masqués par la végétation, ou réutilisés comme habitations privées.
Le château de Coise : des ruines caressées par la vigne
Perdu entre les bois du Chéran et les coteaux, subsistent les ruines du château de Coise. Cet ancien fief seigneurial fut probablement bâti au XIIIe siècle, à la même époque que le développement des implantations nobles le long de la vallée du Gelon. Son existence est attestée dans des actes de 1290, sous le nom de “Château du Seigneur de Coise” (source : Dictionnaire des communes de la Savoie, Bruno Berthier).
- Ce qu’on en voit aujourd’hui : deux pans de mur appareillés, les soubassements d’une tour carrée et quelques restes de fossés
- Des fragments de tuiles creuses et de céramique ont été retrouvés lors de fouilles bénévoles menées dans les années 1980
- La toponymie “Le Château” désigne encore la colline où ses restes sommeillent
Propriété privée, le site n’est pas accessible mais il demeure un marqueur fort de la topographie locale et des récits transmis entre générations.
Maison-forte de Monthoux : quand ruralité rime avec raffinement
Au hameau de Monthoux, les promeneurs attentifs distingueront, derrière un écrin de jardins et de vieux arbres, une maison-forte du XVIe siècle, reconnaissable par ses fenêtres à meneaux et sa porte charretière voûtée. Elle a longtemps appartenu à une lignée de “notaires-châtelains”, dont les archives révèlent une vie rythmée par la gestion des vignes et le négoce local. Nul donjon ostentatoire, mais une élégance discrète : soubassements en galets du Gelon, ferronneries d’époque, et une “boulinette” – petite tour ronde signalant autrefois la présence d’un pigeonnier privé, privilège seigneurial rare.