Les premières cartes : une boussole historique
Le cadastre napoléonien : photographier le village en 1827
Première halte dans le temps : le cadastre dit “napoléonien”, établi en 1827. Ce vestige d’encre et de papier est une mine d’informations. À l’époque, la commune n’existe pas telle que nous la connaissons : elle est fractionnée en plusieurs sections, parfois orthographiée différemment, reflet des hésitations administratives et linguistiques de la Savoie tout juste rattachée à la France. Les propriétaires sont listés, maison par maison ; les vignes ceignent le bourg, les champs occupent chaque pente jusqu’aux premières hauteurs boisées.
- Le bourg de Coise est alors plus dense que la campagne, regroupant moulins, fours, courtils et granges.
- La vigne couvre plus de 30 % des terres cadastrées selon les sources de l’Inventaire du patrimoine viticole savoyard.
- L’Isère impose son cours changeant : les plans montrent un pont aujourd’hui disparu, emporté par une crue en 1872 (source : Archives départementales de la Savoie, Cote 8M8).
Analyser ce cadastre, c’est comprendre que le village n’a jamais été figé. D’année en année, il négocie son espace entre vigne, rivière et routes commerciales. Les chemins principaux, repérables encore aujourd’hui, guident toujours nos pas - preuve que l’emprise humaine, une fois imprimée, est difficile à effacer.
Les plans d’alignement de la Troisième République
Au tournant du XXᵉ siècle, la Troisième République envoie ses géomètres pour dessiner une France plus régulière. Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier accueille alors ses premiers plans “d’alignement”, outils essentiels pour penser mobilité et circulation. Le pont “neuf”, inauguré en 1897, s’ajoute ainsi au paysage : les plans conservés mentionnent les passages piétons, le tracé du chemin de fer tout proche, mais également la limite entre “vieux bourg” et extensions modernes.
- La création du pont repositionne tout le quartier aval, favorisant l’urbanisation des Près-des-Gares et l’apparition de premières bâtisses industrielles.
- Les axes principaux (actuelles routes de la Combe-de-Savoie) préfigurent déjà la D201 et ses accès redistribués après la Seconde Guerre mondiale.
Derrière ces coups de crayon apparemment anodins se profilent de nombreuses discussions villageoises, que retracent par exemple les comptes-rendus du conseil municipal consultables en mairie ou sur le site de la Savoie.