Que révèlent les cartes anciennes sur le paysage local ?
Un territoire agricole au fil des siècles
Les cartes des siècles passés traduisent une évidence : Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, c’était un village de ruisseaux et de vignes, au mitan de campagnes soigneusement structurées. Un regard sur le cadastre napoléonien de 1824 (archives départementales de la Savoie, cote 3P 368/1) montre comment, bien avant l’arrivée du chemin de fer ou de la route moderne, la morphologie du village était dominée par :
- Des parcelles longues et étroites, typiques du système d’openfield savoyard, formant de véritables rubans de cultures s’étirant depuis le bourg jusqu’aux zones de coteaux.
- Un quadrillage dense des trames hydrauliques (Coisin, Isère, petits canaux d’irrigation) épousant la topographie, témoignant de la lutte pour domestiquer l’eau.
- Des vignes repérables grâce à la mention de lieux-dits tels que “Le Mollard”, “La Ternaz”, toujours cultivés aujourd’hui.
Entre 1824 et les années 1950, les surfaces dédiées à la vigne diminuent (la grêle de 1883 ayant durablement marqué la mémoire locale, source : “Savoie, pays de vigne et de vin”, T. Marin), tandis que l’urbanisation reste quasi nulle, la commune comptant en 1836 à peine 950 habitants, chiffre stable jusque vers 1950 (Source : recensements historiques, INSEE).
L’eau, colonne vertébrale du paysage
Les cartes anciennes font apparaître l’omniprésence des rivières et ruisseaux. L’Isère, enserrée dans son ancien lit, peut être vue serpentant au sud du village. Jusqu’au début du XXe siècle, les inondations régulières expliquaient le choix d’implanter le bourg en léger surplomb (sur le “pied du Gauthier”), détail repoussé au second plan sur les cartes modernes mais essentiel dans la topographie ancienne. Les fossés, canaux secondaires et méandres, aujourd’hui souvent comblés, jalonnaient le paysage : la carte d’état-major de 1880 recense sept moulins sur le Coisin et la Batteuse (source : Archives Départementales de Savoie, plan 128-4).