Résistances et solidarités : la force des temps difficiles
La Seconde Guerre mondiale et ses impacts locaux
Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, comme tant d’autres communes savoyardes, porte la trace d’une mémoire résistante forte durant l’Occupation. Les archives recèlent des lettres anonymes, des listes de ravitaillement, et surtout des récits transmis oralement : l’un des chemins bordant la commune, « le chemin de la Gorge », servit plusieurs fois de passage à des groupes de résistants ou d’évacués.
- En 1944, au lendemain de la Libération, plusieurs familles prirent en charge des réfugiés originaires de Maurienne, les logeant dans les anciennes fermes de la périphérie.
- Les actes du Conseil de 1943 témoignent de la répartition de tickets de rationnement et des mesures de solidarité villageoise face aux réquisitions imposées.
Chaque maison, chaque ferme semblait alors, au fil des anecdotes, receler un petit secret ou une trace d’engagement, discrète mais essentielle. Certains carnets d’instituteurs conservent ces souvenirs, précieux pour comprendre comment le lien social a prévalu dans l’épreuve (Source : Archives Départementales de la Savoie ; Mémoires locales).
Les grandes crues et la mémoire des eaux
- L’Isère et le Gelon, longtemps sujets à des débordements spectaculaires, ont marqué Coise de façon durable. L’inondation de 1859, citée plus haut, provoqua l’évacuation de la quasi-totalité des habitations proches de l’actuelle Route de Saint-Girod.
- En 1910, une crue mémorable détruit plusieurs moulins et oblige le village à reconfigurer ses routes et ses digues : cet épisode a engendré de vives discussions consignées dans les comptes rendus du Conseil municipal, relatant rivalités et solidarités face au défi du fleuve.
Nombre de récits destinés aux enfants débutent ainsi, « l’année de la grande crue, mon grand-père… ». Les archives et la transmission orale s’entrelacent ici, faisant de l’eau tantôt une bénédiction, tantôt une adversité redoutée, structurante pour l’identité paysagère du village (Source : Mémoires locales, oralité).