La vie quotidienne sous la seigneurie : paysans, coutumes et obligations
Le cœur du système repose sur un maillage social serré. À Coise-Saint-Jean, comme ailleurs, la grande majorité des habitants sont des paysans – laboureurs, vignerons, parfois meuniers ou artisans – qui dépendent du seigneur pour l’accès à la terre et la sécurité.
Les obligations des villageois :
- Le cens : Redevance annuelle payée en nature (froment, vin, volaille) ou en argent.
- Les corvées : Journées de travail offertes au château ou sur les terres du seigneur – par exemple pour l’entretien des vignes, la réparation des chemins ou le transport de pierres.
- La banalité : Le droit pour le seigneur d’imposer l’usage de ses installations (le four, le moulin, le pressoir), contre paiement.
- La taille : Taxe variable selon les récoltes et les besoins militaires ou festifs du seigneur.
Les archives révèlent que chaque village de la région, au XIIIe-XIVe siècle, devait céder en moyenne 10 à 15 % de sa récolte annuelle au seigneur (voir « La Savoie ducale », J.-P. Leguay). Cette dépendance ne s’arrêtait pas aux impôts : le seigneur présidait aussi à la justice locale, tranchant les conflits, punissant les délits, arbitrant les litiges sur les prés ou les héritages.
Des pratiques communautaires originales
- La gestion collective des pâtures (« section » ou « commune »), où le seigneur autorisait l’usage partagé sous conditions.
- Le débroussaillement des terres incultes, encouragé via des franchises accordées selon les nécessités de peuplement.
- L’organisation saisonnière des « corvées », souvent vécues comme moments collectifs mêlant travail et festivités.