Disparition, résurgence ou mutation ? Le legs des marchands itinérants
L’apparition du commerce moderne, des marchés hebdomadaires motorisés et du téléphone accélère la fin du colportage traditionnel à partir des années 1930. Pourtant, la figure du marchand itinérant continue à inspirer la vie rurale : on retrouve cet esprit dans les marchés ambulants, les camions de fromages ou de produits bio qui sillonnent la vallée du Gelon, ou encore les campagnes du bibliobus qui, dans les années 1980, profitaient des traces de ce vieux réseau d’échanges vivants.
- Les fêtes patrimoniales, comme le marché d’automne de Coise, rendent hommage à ces passeurs d’histoires avec des stands de vieux métiers.
- Le goût du lien et de l’entraide qu’ils cultivaient – l’écoute, le conseil, la transmission orale – demeure une marque de fabrique dans la Savoie rurale contemporaine.
Bien plus que de simples vendeurs, les colporteurs de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier étaient aussi porteurs d’imaginaires, de savoirs, et d’une certaine idée du “commun”. Leur rôle, longtemps mal jugé, est aujourd’hui reconnu comme essentiel à la vitalité du territoire savoyard, tissant un réseau délicat entre l’ici et l’ailleurs, entre la permanence et le passage.